Le lbo ou le pge ? – le point apres 5 semaines de confinement

Je partage une note de synthèse de David-Pierre Roblet (conseiller crédit) pour Retout et Finaiva qui donne quelques informations intéressantes.

"Après 5 semaines de confinement sanitaire (et aussi économique) nous vous
proposons un point de situation sur le front des financements d’acquisition.

1- Les banques financent toujours des LBO…
Au cours du mois écoulé nous avons obtenu des accords de financement pour 75%
des dossiers adressés antérieurement pour décision, les 25% restant étant toujours en
cours et non pas refusés.
Ces accords concernent des cibles dans les secteurs des services aux entreprises et
dans la sous-traitance industrielle, réalisant entre 1 et 3 M€ de CA.
Ces accords ont été obtenus pour 100% de la dette sollicitée, sans demande d’apport
supplémentaire. Les plans de financement (apport, éventuelle distribution de
dividendes, dette bancaire…) ont donc été validés tout comme les modalités de
remboursement (annuelles).
Les niveaux de taux demeurent extrêmement bas, entre 0,7 et 1,25% l’an hors
assurance, et les garanties demandées conformes à ce qui était ciblé pour 50% des
cas, moins lourdes que ce qui était envisagé pour 25% des cas, et un peu plus lourdes
pour 25% des cas.
A noter : quasiment à chaque fois les banques de la cible sont les moins compétitives,
ou les moins réactives, quand elles tiennent les délais…

2- …Mais c’est quand même plus compliqué….
Les dossiers acceptés présentaient des niveaux de valorisation raisonnables : entre 3
et 4 fois l’EBE, plus la trésorerie nette (ou moins la dette nette) ; ces niveaux étaient
justifiés par les spécificités des dossiers.
Les dossiers en stand-by sont sur des niveaux de valorisation plus élevés (5xEBE ou
au-delà), mais ce n’est pas la seule raison de ces délais plus longs : certains réseaux
bancaires ont été plus sollicités que d’autres par leurs clients pour la mise en place des
PGE (Prêts Garantis par L’Etat), parfois même au-delà de leurs parts de marchés
historiques, et fort logiquement le traitement de ces dossiers clients a été privilégié par
rapports aux dossiers de reprise, en général non urgents ou en tous cas moins
« vitaux ».

Au-delà de ces différences importantes de délai entre établissements on note
logiquement une demande d’informations complémentaires sur la situation actuelle :
taux d’activité des cibles, mesures d’économies mises en place, demande de PGE ou
pas, éventuel impact sur le prix ou le plan de financement (crédit-vendeur), parfois un
BP et un plan de financement actualisés.
Le nombre d’accords par dossier diminue également, conséquence de l’engorgement
de certains réseaux…. Ensuite, une fois l’accord de la banque (et éventuellement de
BPI) obtenu, il faut obtenir l’accord de l’assurance, puis ensuite que les back-offices
crédit puissent traiter le dossier et produire le contrat, là-encore c’est un peu plus long
du fait des équipes pour partie en télé-travail ou en congés imposés, sans parler des
délais de décaissement des prêts d’honneur. Du coup nombre de closings décalés dans
le temps, et la nécessité de le faire comprendre aux cédants.

3- Demain, quel retour à la normale ?
Première bonne nouvelle, la vague des PGE s’estompe progressivement et les centres
d’affaires entreprises de plusieurs enseignes nous annoncent un retour à la normale
pour fin avril/début mai. A suivre.
Idem chez les fonds d’investissement dont bon nombre sont au ralenti ou
recommencent juste à étudier de nouveaux dossiers de MBI, par définition les plus
risqués.
Enfin, on peut imaginer que pour compenser des PGE octroyés « à prix coûtant » voire
moins, les banques auront à cœur d’étudier d’un œil favorable les nouveaux dossiers
qui leur seront présentés dans les semaines et les mois à venir…. Notamment pour
reconstituer des revenus.
Néanmoins, en fonction des secteurs des cibles et des perspectives macroéconomiques, il faut s’attendre à être challengés sur les prévisionnels, tant par les banques que par les investisseurs ; les cédants trop gourmands devront participer d’une façon ou d’une autre (baisse de prix, earn-out, crédit-vendeur…) pour espérer céder rapidement.

Peut-être des opportunités pour des candidats repreneurs ? "

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Cette petite musique commence à s’entendre de partout… Pour moi, c’était déjà le cas avant, mais il est évident que ça va l’être de plus en plus…

En ce moment, je négocie des deals en 100% CV (sans garantie !), voire en 100% earnout sur des dossiers sur lesquels ça ne serait jamais passé il y a quelques mois…

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Merci Sébastien. Pour des boites qui te paraissent saines aussi ? Ou bien ce sont des boites qui ne présentent pas un bilan très favorable.

Je suis en négociation pour 2 agences de com’ et pensent proposer de l’earnout et du CV au sortir du confinement.

Mais ce sont des boites relativement saines, qui produisent du cashflow régulièrement.

Je te remercie,

Julien

Des boites saines mais pour lesquelles il est quasiment impossible de savoir comment la sortir de crise va se passer…

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Auront-elles toujours leurs contrats ? Mystère …

Exactement ça Jean-Marc !

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